Auteur : Myrlande Estigène, EPEI, facilitatrice pédagogique de l'AFÉSEO

L’importance du genre masculin dans la petite enfance 

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Le jeudi 1ᵉʳ juin dernier, au CÉGEP de l’Outaouais, se déroulait le lancement du livre « Victor au CPE, Pommettes et barbus ». Dans le livre, on présente un centre éducatif où l’on ne retrouve que des hommes. L’événement était aussi l’occasion de faire le lancement d’une vidéo d’éducateurs qui parlent de leur contribution et de leur passion pour la profession. Afin de promouvoir la présence des hommes dans le secteur de la petite enfance, un slogan citait : « L’éducation en petite enfance, c’est aussi l’affaire des hommes. »   

On ne se le cachera pas, la petite enfance est un domaine de femmes.  

Mais pourquoi veut-on valoriser la présence des hommes et sensibiliser d’autres hommes à faire leurs études en petite enfance et devenir éducateurs?  

Parce que le monde change, la société évolue. De la même façon qu’on encourage les femmes à intégrer le milieu de travail masculinisé non conventionnel, comme la police ou les pompiers… et parce que l’identité de genre prend une signification plus large. Cela change aussi les perspectives dans les discussions et les attentes. 

Qu’est-ce qui fait que les hommes ont aussi leur place en petite enfance? 

Ils peuvent apporter un certain équilibre chez les enfants. Ils peuvent encourager le jeu aventureux, les mettant aux défis et se surpasser physiquement, ils apportent une autre dimension. Ils comblent pour certains enfants la présence et l’affection masculine. Chacun joue un rôle dans la vie des enfants et il est bon que l’enfant ait le choix de se tourner vers une éducatrice ou un éducateur. Cette collaboration fait une différence dans leur vie.  

Selon les statistiques, ils sont moins de 3 % au sein de l’ensemble des membres du personnel éducateur Petite enfance: un métier encore boudé par les hommes | JDQ (journaldequebec.com), ils font face à des préjugés, à des stéréotypes, à des commentaires tels que : « Un homme qui travaille avec des enfants est sûrement un pédophile. »  Au lieu de voir leur générosité et à quel point ils sont attentionnés. Ces défis peuvent aussi venir des membres de leur famille ou des familles du centre qui étouffent leur passion pour la petite enfance et ainsi, ils finissent par abandonner le domaine.  

Je me sens choyée et j’étais fière d’être assise entre deux éducateurs de mon organisme, l’AFÉSEO, qui promeut et qui embauche des hommes dans ses centres de la petite enfance.  

Dans la salle, douze (12) hommes étaient présents, ils croient fermement dans la mixité et ils s’affichent.  

Je me rends compte à quel point je tenais pour acquis et normal la présence des hommes dans les centres avec lesquels j’ai travaillé pendant plus de trois décennies. J’étais consciente qu’ils rencontraient des préjugés, car certaines familles désapprouvaient leur présence; mais avec le temps, ces familles ont fini par apprendre à les connaitre et à voir tout le côté positif qu’ils apportent aux enfants. La peur finissait par faire place à la confiance.  

Je suis heureuse d’avoir pris le temps d’assister à cet événement. Contente de voir le sourire résilient de mes collègues masculins qui ont une ferme conviction que la lutte en vaut la chandelle. Que leur présence est nécessaire au développement de l’enfant et son équilibre optimal dans la société.  

C’est avec fierté que je les accompagne dans cette lutte pour changer les mentalités :  

« Oui, l’éducation en petite enfance, c’est aussi l’affaire des hommes. » 

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