Article de : Kristie Levangie (EPEI), coordonnatrice de site ÉÉC Des Voyageurs

Documentation sur mon expérience avec « On n’est pas sorties du bois »

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Les directives sont lancées. À vos marques, prêts, partez! Les équipes d’animateurs et d’éducatrices de l’école des Voyageurs s’embarquent dans une séance d’énigmes.
 
Ils ne sont pas encore conscients des vagues d’émotions qu’ils vont vivre ce soir. La première question est posée. Est-ce que je peux ouvrir la boîte? La réponse: « Je ne suis pas autorisée à te donner la permission d’ouvrir la boîte ». Déjà, les émotions débutent. L’excitation et la confusion se présentent dans tous les groupes. Tout à coup, une boîte est ouverte et les frustrations et la jalousie sont ajoutées à la liste d’émotions. Un sentiment de presse remplit la salle, ceci devient maintenant une grande compétition.
 
Nous avions quatre groupes et chacun travaillait à sa façon. Ils foncent dans les obstacles qui leur sont présentés. Il y a des partages d’idées et des paroles encourageantes. Des essais, des erreurs et de la persistance sont très visibles dans le local. La table 1 fait une demande d’indices, mais une des trois éducatrices ne voulait pas l’indice. Elle se sentait comme si le fait de demander de l’aide enlevait de la valorisation de sa réussite. Nous avons attendu que les 3 éducatrices soient d’accord pour l’indice. La table 2 avait trois éducatrices au préscolaire, elles avaient beaucoup de difficulté, se sentaient perdues, mais elles sont restées en silence pendant longtemps avant de demander de l’aide.
 
Il y avait beaucoup de rires qui provenaient de la table 3, on dirait que ces animatrices surpassaient leurs frustrations avec de la comédie. À la table 4, c’était sérieux : les tâches étaient divisées et quand quelqu’un trouvait une solution, tout le groupe embarquait. C’était très évident que leur objectif était d’être la première équipe à résoudre l’énigme. Au courant de la soirée, les animateurs et les éducatrices étaient engagés. Ils ont démontré un beau travail d’équipe et de la persistance. Nous avons eu beaucoup de plaisir. 
 
Mais pourquoi avons-nous fait cet atelier? Quel était le lien entre ce jeu et notre travail? À la suite de l’atelier d’énigmes, nous avons partagé nos pensées sur l’autocontrôle. C’était incroyable de voir la perception et la compréhension de l’autocontrôle de chacun. De nos propres yeux, nous avons vu une éducatrice vivre de grandes émotions.
 
Lors de l’annonce qu’il restait deux minutes, elle a tenté de prendre quelque chose des mains d’une de ses collègues. Ceci est une action que nous voyons souvent chez les enfants. Lors de ces moments, est-ce que nous sommes conscients de ce que l’enfant vient de vivre, avons-nous pris en considération et validé les émotions de l’enfant? Si un adulte peut perdre le contrôle de ses émotions lors d’un moment de stress, imagez ce qu’il se passe dans la tête et le cœur d’un enfant. Wow!, c’est une nouvelle perception.  
 
Lors du jeu, nous avons aussi vu des adultes renfermer leurs émotions. Elles n’ont pas voulu demander de l’aide. Les éducatrices n’ont pas verbalisé leurs difficultés ni leurs émotions. Plusieurs émotions fortes mijotaient au fin fond d’elles-mêmes, mais elles n’étaient pas capables de les exprimer. Quand une adulte s’exprime dans cette période de stress qu’elle vient de vivre, qu’elle est désespérée et que tu l’as observée pendant plus d’une heure sans comprendre la dure réalité qu’elle vit, c’est une expérience révélatrice. Imaginez comment difficile à porter cela peut être pour un enfant. Le partage, ce soir-là, était incroyable.
 
Nous avons terminé la soirée avec la question « Quelle attention particulière vas-tu maintenant porter aux émotions et à l’autorégulation chez l’enfant? ». Les réponses sont extrêmement encourageantes: « valoriser les émotions », « aider l’enfant à reconnaître les émotions », « prendre le temps de comprendre la situation », « avoir des visuels ou des pictogrammes », « prendre le temps d’écouter les enfants dans leurs formes de communication ».
 
Nous quittons des Voyageurs avec une différente perception de l’autocontrôle de soi et chez les enfants. Ce fut une soirée qui nous a ouvert les yeux et qui nous a fait vivre des expériences concrètes, qui a soutenu nos apprentissages sur les émotions, l’autocontrôle et le travail d’équipe. 
 
En tant que coordonnatrice, je suis repartie, ce soir-là, fière de mon équipe et de son cheminement impeccable lors de cette formation. Je ne m’attendais pas à me rendre au travail le lendemain et d’être encore plus impressionnée par leur compréhension et leur dévouement envers leurs apprentissages. Quand j’ai ouvert la porte de notre groupe préscolaire, on pouvait entendre la chanson des émotions qui jouait lors de la formation. Les éducatrices se promenaient avec un visuel d’émotions et demandaient à chaque enfant comment il se sentait. Nos animateurs au parascolaire ont fait des demandes pour obtenir des lanières de pictogrammes. Nos employés, qui avaient vécu une expérience inoubliable le soir avant, ont fait des apprentissages sur l’autorégulation et ont démontré leur compréhension de ces apprentissages dans leurs programmes dès le lendemain!
 
Le bien-être est un fondement essentiel dans le Comment apprend-on?. Nous avons comme objectif d’appuyer le développement des compétences d’autorégulation chez les enfants. Nous voulons qu’ils soient capables de surveiller et de gérer leur niveau de stress et d’appliquer des stratégies d’autorégulation.
 
Cette formation professionnelle nous a permis de prendre un moment pour nous assurer que notre programme, et nous-mêmes, en tant que professionnels, favorisions le bien-être des enfants. 

Catégorie : GPS andragogique

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