Auteur : Martine St-Onge, directrice générale de l'AFÉSEO

Où s’en va la petite enfance francophone en Ontario?

IM article 5 mai 2023

Où s’en va la petite enfance francophone en Ontario? La réponse courte est : « Difficile à dire! » Présentement, ce que nous entendons du secteur de la petite enfance, mais également de nos partenaires œuvrant dans d’autres secteurs et ayant un intérêt en petite enfance, c’est que « Ça va mal! ».

  • Ça va mal parce que les centres de garde d’enfants sont en moyenne à 60% de leur capacité au permis, dû à la pénurie;
  • Ça va mal parce que le personnel éducateur embauché est de moins en moins formé, dû à la pénurie;
  • Ça va mal parce que le personnel éducateur parle de moins en moins en français, dû à la pénurie;
  • Ça va mal parce qu’il est difficile d’augmenter la qualité en offrant de la formation, faute de remplacement pour dégager le personnel éducateur pour participer à ces formations, dû à la pénurie;
  • Ça va mal parce que les parents n’ont pas accès à des services en français en petite enfance, cette porte d’entrée à l’éducation en langue française, si importante pour toute la francophonie, dû à la pénurie; 
  • Ça va mal parce que plusieurs parents francophones ne peuvent pas retourner sur le marché du travail, dû à la pénurie;
  • Ça va mal parce que moins d’enfants s’inscrivent dans les écoles de langue française, parce qu’il n’y a pas de services de garde d’enfants disponibles pour toutes les familles qui souhaiteraient inscrire leurs enfants dès la petite enfance au sein de l’école de leur choix, dû à la pénurie;
  • Ça va mal parce que les enfants qui fréquentent des services de garde en anglais et qui s’inscrivent à l’école de langue française en maternelle-jardin, sont moins préparés pour apprendre en français, dû à la pénurie;
  • Ça va mal parce que la qualité dans certains services laisse à désirer, dû à la pandémie; 
  • Ça va mal parce que la qualité des services de garde d’enfants en français est discutable, dû à la pandémie, et nuit à la réputation des conseils scolaires et de tout le système d’éducation en langue française; 
  • Ça va mal, parce qu’on ne peut pas créer de nouvelles places, que nous ne pourrions pas combler, de toute façon, dû à la pénurie.  

Par les temps qui courent, la pénurie du personnel éducateur est souvent responsable de tous les maux du secteur…   

Est-ce que le secteur allait mieux pendant la pandémie ? Est-ce qu’il allait mieux avant la pandémie ? Est-ce que les services à l’enfance en français étaient plus accessibles (en termes de places disponibles, de coûts abordables ou de services de qualité en français) avant ou durant la pénurie ? 

Est-ce que le secteur va plus ou moins bien ? Difficile à dire puisque que la très grande partie des données recueillies de toutes parts n’est pas analysée avec le filtre francophone. 

L’AFÉSEO voulait avoir des données qui appuyaient les besoins du secteur. C’est par le biais du document «Étude sur les besoins de la petite enfance en Ontario », élaboré par Econocoop, que nous avons trouvé certaines réponses à la question « Où s’en va la petite enfance francophone en Ontario? ». L’objectif de cette étude était d’évaluer les besoins de la petite enfance francophone en Ontario et d’établir des projections financières basées sur ces besoins jusqu’à l’exercice 2025-2026, en tenant compte de divers enjeux, comme la rémunération du personnel œuvrant au sein des centres de garde d’enfants agréés et le revenu des propriétaires des services de garde d’enfants en milieu familial. Cette évaluation et ces projections visent à nourrir la réflexion et à favoriser le positionnement du secteur de la petite enfance francophone et de ses partenaires auprès des autorités décisionnelles responsables du financement. 

Saviez-vous que seulement 45% des enfants de 0 à 4 ans, ayant droit à une éducation dans une langue officielle en situation minoritaire, en vertu de l’article 23 de la Charte des droits et libertés du Canada, ont accès à un service de garde d’enfants agréé? 

IM 2 article 5 mai 2023 Jeune fillette avec ourson

Saviez-vous que la population francophone en Ontario représente 4,16% de la population totale, sans compter les locuteurs du français ?  

Comment faire pour que ça aille bien? Si on commençait par allouer à la petite enfance francophone cette proportion minimale de 4,16% du budget global de la province en petite enfance?

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