En tête de peloton

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Martine St-Onge, Directrice générale à l'AFÉSEO

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Vous êtes-vous déjà arrêté pour réfléchir à l’incidence des services éducatifs à l’enfance en langue française sur la francophonie ontarienne? 

Imaginez des familles qui n’ont pas accès à une place dans un service de garde d’enfants de qualité en français. La famille décidera de trouver une place ailleurs, peut-être dans un service en langue anglaise. Si l’enfant n’apprend pas le français, peut-être que sa famille décidera de l’inscrire dans une école de langue anglaise, pour ne pas prendre le risque de lui faire vivre une expérience difficile, voire lui faire vivre un échec. Cet élève poursuivra son parcours académique en anglais et risque de ne jamais apprendre le français.  

Il va sans dire que les services à l’enfance préparent les enfants pour toute leur vie, la science est très claire sur ce point. Or, dans un contexte francophone minoritaire, préparer l’enfant à apprendre en français dès son entrée scolaire dans une école de langue française revêt une toute autre importance. Imaginez un enfant qui n’est pas capable de comprendre et de parler en français dans une école de langue française: (1) il devra prendre du temps pour apprendre la langue, (2) il risque de ne pas se sentir compétent, d’accuser du retard dans ses apprentissages, (3) il risque d’avoir de la difficulté à établir des relations avec ceux et celles qui l’entourent, (4) la création d’un sentiment d’appartenance à son école risque d’être difficile ou plus longue, et ceci, sans compter (5) le risque de vivre son entrée scolaire comme «un échec» et ne pas vouloir continuer à cette école. 

Cet enfant qui n’apprend pas le français, ne fréquentera peut-être pas le système d’éducation en langue française, diminue ses chances de devenir un étudiant postsecondaire dans nos institutions collégiales et universitaires de langue française, ne fera probablement pas partie d’une main-d’œuvre bilingue de haut niveau, ne sentira pas le besoin de s’engager dans les communautés francophones, comme citoyen adulte, dû à l’absence de son identité francophone et éventuellement, il risque de perdre son droit constitutionnel à l’instruction dans la langue minoritaire pour ses enfants (art.23 de la Charte canadienne des droits et libertés). 

Pourquoi apprendre le français? Est-ce que parler en français est important pour vous? Savez-vous pourquoi le français est important ou provoque une insécurité pour vous? Est-ce que la langue française est associée à une culture pour vous? Si oui, laquelle? Est-ce que vous vous identifiez comme francophone? 

Parce que nous avons la responsabilité d’accompagner de jeunes enfants dans leur apprentissage de la langue française et dans le développement de leur identité francophone, au sein de nos centres éducatifs, quel est votre rôle? Quel modèle linguistique et culturel francophone proposez-vous aux enfants et aux familles que vous accompagnez? Est-ce que vous leur donnez le goût d’apprendre le français? 

À vous de voir quel modèle francophone vous souhaitez être ou devenir…il en va de la pérennité de la francophonie ontarienne! 

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