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Caroline Sutherland, facilitatrice pédagogique, TES

Tempête émotionnelle chez les adultes : comment rester l’ancre des enfants?

Facebook – Post Image (landscape) Im art 12 sept25

Travailler auprès des enfants est une mission enrichissante, mais elle comporte aussi son lot de défis émotionnels. Chaque journée est ponctuée de moments de joie et de découverte, mais aussi de situations pouvant générer du stress, de la fatigue ou de la frustration. Comme tout adulte, il nous arrive de ressentir une véritable tempête intérieure, une montée d’émotions intenses qui peut nuire à notre capacité d’accompagnement. Dans ces instants, il est fondamental de prendre conscience que, pour soutenir efficacement un enfant dans la gestion de ses émotions, il est nécessaire de commencer par réguler les nôtres.

Au cœur de ce processus, une structure cérébrale clé entre en jeu : l’amygdale. Cette petite région du cerveau joue un rôle central dans la détection des menaces et la gestion des réponses émotionnelles liées au stress. Lorsqu’elle s’active, elle déclenche une cascade physiologique : accélération du rythme cardiaque, respiration rapide, tension musculaire, préparant l’organisme à réagir face à un danger. Si cette réaction est adaptée dans un contexte de menace réelle, elle peut également se déclencher dans des situations moins critiques, telles que des bruits soudains, des pleurs prolongés ou l’accumulation de tensions quotidiennes. Sous l’emprise d’une amygdale activée, notre capacité de raisonnement et notre bienveillance peuvent se trouver réduites.

Les enfants, sensibles aux signaux émotionnels des adultes, perçoivent rapidement notre état intérieur. Une posture tendue ou un ton agité peuvent générer chez eux de l’insécurité et amplifier leur propre stress. C’est pourquoi l’autorégulation de l’adulte constitue la première étape indispensable avant toute corégulation. Une technique simple et efficace pour apaiser cette tempête intérieure est la respiration 4-7-8 : inspirer lentement par le nez pendant quatre secondes, retenir sa respiration pendant sept secondes, puis expirer profondément par la bouche pendant huit secondes. Répéter cet exercice trois fois favorise la détente physiologique et calme l’amygdale.

Une fois cet équilibre retrouvé, l’adulte peut s’engager dans la corégulation avec l’enfant, en lui proposant des outils adaptés à son âge et à sa compréhension. Par exemple, la respiration des mains, qui consiste à tracer lentement le contour des doigts tout en synchronisant inspiration et expiration, est une méthode accessible et apaisante pour les jeunes enfants. Ce geste simple permet à l’enfant de focaliser son attention, de ralentir sa respiration et de réduire son activation émotionnelle.

En prenant soin de notre calme intérieur, nous devenons une ancre stable pour les enfants. Comprendre le rôle de l’amygdale et pratiquer régulièrement des stratégies simples permet d’offrir un environnement sécurisant, propice aux apprentissages et au bien-être. Après tout, un adulte apaisé est le meilleur allié d’un enfant en pleine tempête émotionnelle.

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