3e de mélanie c

La barrière invisible de l’engagement familial

Mélanie Couturier, EPEI – Facilitatrice pédagogique, CEF

Avez-vous remarqué la barrière invisible à la porte de votre salle ? Combien de parents y entrent ? Je devine, très peu. Pourquoi ? Vous êtes-vous déjà posé la question ? Nous créons parfois nous-mêmes cette barrière où le parent sent l’inconfort de la professionnelle et reste à la porte pour appeler son enfant. Ou encore pire, la professionnelle annonce l’arrivée du parent comme si c’était une urgence de partir ! “Chloé maman est arrivée ! Dépêche-toi, elle t’attend !” Évidemment ce parent, n’aura pas l’impression qu’il est le bienvenu dans la salle, il n’aura certainement pas le goût de s’engager. Comment peut-on changer ceci ? De quelle manière pourrait-on inviter les parents à tous les jours ? Comment appuyer l’engagement familial ?

« Chloé maman est arrivée ! Dépêche-toi, elle t’attend !”


“Les familles de mon Centre sont engagées. Lorsque j’organise des activités spéciales elles participent en grand nombre.” Est-ce que notre définition d’engagement se résume à participer aux activités spéciales 2 fois par année ? Selon moi, l’engagement va bien au-delà de ça. Pour être engagé il faut tout d’abord comprendre la vision et les objectifs et vouloir y contribuer.

Les familles sont formées de personnes qui sont compétentes, capables, remplies de curiosité et riches d’expériences. Elles aiment leurs enfants et veulent ce qu’il y a de mieux pour eux. Les familles sont des experts concernant leurs enfants. Les familles exercent la première influence et l’influence la plus déterminante sur l’apprentissage, le développement, la santé et le bien-être des enfants. Elles procurent une diversité de points de vue sur le plan social, culturel et linguistique. Les familles devraient avoir le sentiment d’appartenir, de faire de précieuses contributions à l’apprentissage de leurs enfants et de mériter d’être réellement mises à contribution.”  

Comment apprend-on?, p.7

« Oui mais, les parents n’ont pas le temps. Ils sont pressés à l’arrivée et au départ, alors comment peut-on leur demander de contribuer de manière significative ? »

Il est vrai que nous vivons dans une société où tout va très rapidement, où le temps nous manque,  où on oublie de prendre le temps de respirer. Dans notre monde de la petite enfance, nous sommes devenues expertes pour observer, remarquer, réfléchir et documenter, selon nos interprétations du monde. Pourquoi ne pas accompagner les familles dans le même processus ? Trouvons des moyens d’accompagner les familles à prendre le temps et à prendre une pause;  ne serait-ce que 5 minutes et d’y voir les bienfaits. Piquez la curiosité des parents avec de la documentation, créez un babillard interactif, soyez à l’écoute des conversations entre les familles, vous y trouverez des pistes de solutions pour les appuyer dans leurs rôles. Petit à petit, vous serez en mesure d’enlever, une fois pour toutes, cette barrière invisible.

Bonne réflexion !  


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