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Et si on voyait le monde autrement…

Et si, pendant quelques minutes, vous pouviez entrer dans le monde d’un enfant autiste? 

Pas pour observer.
Pas pour analyser.
Mais pour ressentir. 

En petite enfance, nous faisons de notre mieux, chaque jour, pour comprendre les enfants qui nous sont confiés. Pourtant, certains comportements nous déstabilisent. Un enfant qui se bouche les oreilles. Un autre qui évite le regard. Un moment de crise qui semble surgir sans raison. 

Et si ce n’était pas un « comportement difficile » mais un appel à l’aide? 

L’autisme, c’est souvent invisible; mais à l’intérieur, c’est tout sauf silencieux.
C’est un bruit qui devient assourdissant.
Une lumière trop vive.
Des consignes qui s’entremêlent.
Un monde qui va trop vite. 

Un monde où chaque détail peut devenir trop. 

Trop intense.
Trop rapide. 
Trop imprévisible. 
Alors, l’enfant fait ce qu’il peut avec les moyens qu’il a. 

Il ne cherche pas à déranger.
Il ne cherche pas à défier.
Se boucher les oreilles, éviter le regard, se retirer ou s’agiter; ce ne sont pas des caprices, ce sont des stratégies.
Des façons de se protéger.
De se réguler.
De dire, à sa manière : « C’est trop pour moi. » 

Et si, au lieu de voir un refus, on voyait une tentative de s’adapter à son environnement? 

Changer notre regard, c’est le premier pas pour l’aider. C’est de changer notre perspective : passer de « Il ne veut pas collaborer. » à « Il ne peut pas pour l’instant, je vais l’accompagner. » C’est de vouloir comprendre ce qui se cache derrière chaque comportement et de réaliser qu’il y a un besoin à combler. Un besoin de sécurité, de prévisibilité ou un besoin d’être compris sans toujours avoir les mots pour le dire. 

En tant que personnel éducateur, nous jouons un rôle immense dans le développement de chaque enfant. Les petits ajustements quotidiens peuvent faire une différence pour chacune et chacun : 

  • Offrir des repères visuels pour soutenir la compréhension. 
  • Diminuer les stimulations lorsque l’environnement devient trop envahissant. 
  • Nommer ce que l’enfant vit pour lui prêter des mots. 
  • Respecter son rythme, même lorsqu’il est différent du nôtre. 

Tous ces petits ajustements peuvent aider à créer un environnement qui soutient mieux l’adaptation, non seulement de cet enfant, mais de l’ensemble du groupe. 

Accompagner un enfant autiste, ce n’est pas chercher à le faire entrer dans notre cadre à tout prix. C’est élargir le cadre pour qu’il puisse y trouver sa place. Parce qu’au fond, ces enfants ne sont pas « ailleurs ». Ils sont pleinement là. Ils perçoivent, ressentent, comprennent autrement. 

Et si on acceptait de ralentir un peu, de faire un pas vers leur réalité; peut-être qu’on découvrirait que leur monde n’est pas moins riche, il est simplement différent. Et dans cette différence, il y a une occasion précieuse : celle de devenir des adultes plus sensibles, plus attentifs et profondément humains. 

Citation: « Si vous avez rencontré une personne autiste, vous avez rencontré une personne autiste. » Stephen Shore 

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Article rédigé par: Caroline Sutherland et Diego Gomez, facilitateurs pédagogiques

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